KHOURAÏCHI THIAM,
Ministre de l’’Economie maritime,
de la Pêche et des Transports maritimes
TRADUIRE EN ACTES LA VISION DU CHEF DE L’ETAT

- M-Khouraissi-Thiam
Le Président de la République, Maître Abdoulaye WADE fait de la pêche et des transports maritimes, une priorité. Cette volonté politique, clairement affirmée, a été mise en évidence par Monsieur le Premier Ministre Souleymane Ndéné NDIAYE, dans son Discours de Politique Générale. La feuille de route que nous déroulons depuis le mois de
mai 2009, vise à traduire cette volonté en actes concrets.
Le Gouvernement du Sénégal nourrit de grandes ambitions pour la pêche, secteur à fort
potentiel de croissance, de création de richesses et d’emplois. Faut-il le rappeler, la
pêche maritime génère plus de 600 000 emplois directs et indirects et sa part dans les
exportations du pays atteint 32%, soit environ 155.000.000.000 de FCFA. Par ailleurs,
les produits de la pêche jouent un rôle primordial dans l’alimentation des populations,
avec une contribution de 70 % aux apports nutritionnels en protéines d’origine animale.
Beaucoup d’investissements ont été réalisés entre 2000 et 2008, soit plus de quatorze
milliards (14.000.0000.000) de FCFA investis dans la réalisation d’infrastructures pour
améliorer les conditions de travail des professionnels de la pêche et valoriser la
production débarquée : aires de débarquement et de transformation, unités de production
de glace et de conservation du poisson, maisons du pêcheur, etc.
Force est de constater que malgré les innombrables potentialités qu’elle recèle, la pêche
traverse une crise dont les effets se font sentir à tous les niveaux. Cette situation est une
conséquence de l’augmentation croissante de l’effort de pêche, entraînant une
surexploitation de certaines espèces, notamment les ressources démersales côtières qui
constituent l’essentiel de nos exportations.
Face à cette situation, le gouvernement est plus que jamais déterminé à asseoir les
bases d’une exploitation rationnelle de nos ressources halieutiques et place au premier
rang de ses priorités, la gestion durable de celles-ci. Pour garantir cette efficacité, la
politique sectorielle s’appuie sur une administration des pêches performante et un cadre
juridique et institutionnel rénovés et opérationnels. Elle implique également une gestion
participative qui implique des organisations professionnelles fortes et représentatives, la
mise en place de concessions de droits d’accès des usagers aux ressources afin de
permettre à terme, une véritable cogestion du secteur.
Au plan institutionnel, la révision du cadre juridique des pêches, maritime et continentale,
qui est en cours, répond à un souci d’efficacité pour mettre en oeuvre des réformes qui
sont envisagées par le Département.
De même, la modernisation des activités de pêche reste une de nos priorités. Dans cette
perspective, nous comptons mettre l’accent sur :
la poursuite du programme de réalisation d’aires de débarquement et de
transformation, notamment à Matam, Bargny, Fass Boye, Joal-Fadiouth, Thiaroye et
Rufisque. Il est également prévu la réhabilitation du centre de pêche de Guidick ;
l’élaboration et la mise en oeuvre des plans d’aménagement visant des pêcheries
particulièrement sensibles, notamment les ressources démersales côtières et profondes ;
la création de nouvelles Aires Marines Protégées (AMP), notamment au Cap Manuel,
sur la Petite Côte et sur l’embouchure du Fleuve Casamance et qui s’ajouteront aux
quatre autres déjà créées à Saint-Louis, Cayar, Joal, Bamboumg et Abéné. La Direction
nationale des aires communautaires chargée de leur gestion est déjà créée.
la poursuite du programme d’immersion des récifs artificiels et de repos biologique.
la poursuite du programme d’implantation de complexes frigorifiques pour mieux
valoriser le poisson frais débarqué par la pêche artisanale et améliorer le circuit de
distribution à l’intérieur du pays. C’est ainsi qu’après les cinq (5) complexes frigorifiques
déjà réalisés sur financement espagnol (4,5 milliards FCFA) à Saint-Louis, Yenne,
Thiaroye/Mer, Mbour et Ziguinchor, le programme va s’étendre, grâce à la coopération
avec l’Inde, sur plus d’une quinzaine de localités situées le long de la côte et à l’intérieur
du pays. De nouveaux financements sont en cours de négociation avec la Coopération
espagnole pour une dizaine d’autres sites.
le développement de la pêche continentale va se poursuivre pour mieux contribuer à
la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire des populations à l’intérieur du pays.
le renforcement du programme de mise aux normes sanitaires internationales des
entreprises exportatrices, afin de rendre nos produits plus attractifs sur les marchés
extérieurs.
le renforcement des moyens de contrôle et de surveillance des zones de pêche et de la
sécurité des pêcheurs en mer.
la poursuite de notre coopération avec les pays limitrophes sera renforcée dans le
cadre de la Commission Sous-Régionale des Pêches, afin d’offrir plus de possibilités de
pêche à nos pêcheurs.
En matière de transport maritime, il a été créé une Agence nationale des affaires
maritimes chargée de coordonner toutes les activités liées au transport maritime.
Nous avons également l’ambition de consolider et développer la place du Sénégal dans
le commerce maritime international, comme l’a rappelé Monsieur le Premier Ministre
dans son Discours de Politique Générale du 23 juillet 2009. Il s’agit dans cette optique de
renforcer et de développer non seulement le Port Autonome de Dakar (PAD) en termes
de capacité et de qualité de l’offre d’accueil, mais également de réhabiliter les ports
secondaires pour permettre de meilleures conditions de transport des marchandises.
Notre position géographique stratégique et notre ouverture sur la mer, sont des atouts
dont nous voulons tirer le maximum de profit. La modernisation des infrastructures
portuaires va sans nul doute y contribuer. Tout comme la réalisation, dans le cadre du
Port du Futur, en eaux profondes, d’un terminal à conteneurs de 42 hectares, d’une
capacité d’un million cinq cent mille (1.500.000) conteneurs. Un ouvrage dont le
financement est estimé à deux cent vingt milliards (220.000.000.000) FCFA, et qui sera
totalement pris en charge par l’opérateur Dubaï Port World. Ce terminal devrait être
opérationnel en 2012.
Ces investissements contribueront à mieux adapter l’outil portuaire à l’évolution moderne
des transports maritimes.
Faire de Dakar, un Port d’éclatement de référence dans la sous-région, c’est donc une
ambition légitime, à notre portée, grâce à une offre de prestations de qualité, en
particulier, dans les activités de réparation navale.
Dans le cadre de la desserte de la zone Sud, le balisage lumineux du fleuve "
Casamance " et la construction du quai de Karabane sont aussi envisagés. La liaison
maritime Dakar/Ziguinchor, assurée par le navire Aline Sitoe Diatta, sera renforcée grâce
à l’acquisition d’un deuxième navire. La desserte des îles du Saloum et de la
Casamance sera aussi favorisée par l’acquisition de nouveaux bateaux.
En outre, la mise en oeuvre du projet de transport maritime de banlieue a connu un début
d’exécution avec l’acquisition, par le CO.SE.C, de quatre bateaux-taxis déjà livrés et qui
seront renforcés, dans une seconde étape, sur l’axe Dakar –Rufisque, par des navires
de grande capacité qui seront également amenés à assurer la liaison maritime Dakar -
Mbour et à faire des croisières touristiques sur l’axe Dakar-Gorée - Saly Portugal.
Les gares maritimes de Dakar et Rufisque sont déjà réalisées et un nouveau navire est
en cours d’acquisition pour assurer la liaison maritime entre Dakar, Rufisque, Bargny et
Saly.
Nous sommes conscients que tous ces investissements en infrastructures et en navires
accroissent d’autant les risques maritimes. Je comprends parfaitement les
préoccupations et soucis quant à une gestion efficace de la sécurité de la navigation
maritime au Sénégal.
C’est pour l’avoir bien compris que Monsieur le Président de la République a fait faire un
saut qualitatif à la modernisation de l’administration de la sécurité maritime par des
réformes institutionnelles inédites qui consacrent l’érection de la Direction de la Marine
Marchande et celle des ports et transports maritimes intérieurs en une seule structure
dénommée Agence Nationale des Affaires Maritimes (ANAM) dotée d’une plus grande
autonomie administrative et financière, mais aussi de ressources humaines dédiées en
qualité et en nombre suffisants pour assurer une bonne navigation, sur des océans
propres avec des marins bien formés.
Il en est de même de la décision de Monsieur le Président de la République de confier à
l’expertise nationale la gestion du navire Aline Sitoe Diatta à travers la création du
Consortium Sénégalais des Activités Maritimes (COSAMA) qui jusqu’ici assure avec un
grand professionnalisme la desserte maritime Dakar-Ziguinchor.
Chers Concitoyens, je sais que la sécurité maritime est au coeur de vos préoccupations
et je voudrais vous rassurer que le Gouvernement sénégalais mettra tout en oeuvre pour
assurer le respect des règles et standards qu’il a adoptés dans ce domaine.
Enfin je compte très prochainement doter le secteur des transports maritimes d’un cadre
intégré de planification des investissements par l’élaboration d’une Lettre de Politique
Sectorielle des transports maritimes qui déclinera l’ensemble des ambitions que l’Etat du
Sénégal nourrit pour ce secteur dans les prochaines années.